• A et P.Smithson
  • stratégies urbaines concrètes


    « Nous sommes à l'époque du simultané, nous sommes à l'époque de la juxtaposition, à l'époque du proche et du lointain, du côte à côte, du dispersé. » Michel Foucault. Des espaces autres (1967), Hétérotopies, Dits et écrits, in Architecture, Mouvement, Continuité, n°5, octobre 1984, pp. 46-49.


    Une attitude, des stratégies.

    Faire fi des diktats de l’écriture stylistique, aborder tout nouveau projet, en s’inspirant des données du contexte pour concevoir une stratégie concrète d’appréhension du lieu et d’ébauche de la forme. Ouvrir le champ de la pratique, investir constamment de nouveaux territoires d’exploration, questionner le sens, chercher à offrir des réponses spécifiques, des stratégies urbaines concrètes. Cette attitude définit le champ de notre travail, et propose une démarche de projet, qui se fonde sur la récolte et l’analyse de données relatives au contexte au sens large : territorial, historique, social, politique, etc. Ce processus nous permet de questionner toutes sortes d’échelles, de celle du jardin, à l’échelle territoriale des stratégies urbaines de développement; de travailler aussi bien le vide des aménagements urbains, que le plein des bâtiments, de travailler l’éphémère comme le permanent. Ce processus de projet favorise une approche pluridisciplinaire et s’effectue systématiquement par variantes, seule démarche permettant de questionner et d’intégrer, l’ensemble des paramètres. En parlant de stratégies urbaines concrètes, nous voulons clairement affirmer qu’il ne s’agit pas d’une démarche théorique, mais de stratégies de projets, permettant d’offrir des réponses raisonnées et matérielles aux contraintes et questions posées.










  • Se rendre au nouveau contexte spatial, le glocal.

    Dans un monde en mutation, globalisé et virtuel, la finalité de l’architecture, et les archaïsmes de ces processus d’élaboration et de fabrication, paraissent quelque peu désuets et déconnectés à l’heure de la culture des « techno-geeks ». Pris dans un processus de globalisation, conséquence d’un monde de l’ultra communication, le champ de l’architecture reste toutefois dans une réalité locale, et régionale dés lors qu’il se matérialise dans la dimension concrète de réalisations. Écartelé entre les sentiments de mondes fini et infini, les idées de singulier et de pluralité, l’architecte se débat entre les influences multiples et variées du projet, et la réalité concrète et spécifique du site. Cette situation schizophrène nous paraît être pourtant une opportunité à saisir. Loin des doctrines et courants stylistiques autoritaires du XXe siècle, l’architecture d’aujourd’hui est forcément globale, naturellement internationale, tout en étant profondément locale et spécifique, et c’est là son profond paradoxe. Cette dualité local-global nous plonge dans un nouveau contexte spatial, un monde en réseau refusant l’opposition centre - périphérie, mais qui propose des intensités changeantes et variées. Dans ce monde, décrit par Michel Foucault comme juxtaposé et simultané, le global et le local nous paraissent indissociables.




    S.Bender – Ph.Béboux, 2010

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